Institut Kôrè
des Arts et des Metiers

Le Programme Kôrè Qualité

 

De la création du Festival sur le Niger en 2005, à sa transformation en Fondation Festival sur le Niger en 2010, jusqu’à la création du CCK, Ségou offre aujourd’hui des perspectives concrètes et des opportunités aux jeunes artistes et entrepreneurs culturels du Mali et d’Afrique de se produire, de diffuser leurs oeuvres et d’acquérir des compétences. Malgré tout, force est de reconnaitre qu’il y a un grand besoin d’élever le niveau de qualité de nos pratiques artistiques et entrepreneuriales.

Après avoir jeté les bases d’une industrie culturelle avec l’accompagnement de ses partenaires, il est important aujourd’hui, d’évoluer vers une nouvelle étape qui consiste à soutenir et d’accompagner les artistes et acteurs culturels pour améliorer la qualité de leurs oeuvres et des produits culturels qu’ils proposent.

C’est ainsi que le Centre Culturel Kôrè en collaboration avec l’Institut Kôrè des Arts et Métiers (IKAM) a institué un programme dénommé ‘’Programme Kôrè Qualité’’ (PKQ), un programme de stage et de perfectionnement en faveur des jeunes artistes et entrepreneurs du Mali et d’ailleurs, dont la mise en oeuvre a commencé en janvier 2013 dans une ambiance de crise au Mali.

L’Objectif du programme

L’objectif principal de ce programme est d’approfondir de façon qualitative les capacités et les compétences des artistes et des acteurs culturels, tout en développant chez eux une culture des modèles et repères à travers un système de tutorat et en les aidant à la recherche de financement pour leurs besoins de création.

Les composantes du programme

Les activités du PKQ s’articulent autour des 3 composantes majeures : 

1-    La Politique de renfovrcement de capacités

La politique de renforcement de capacité se fera sous forme de coaching et de stage de perfectionnement. Cette politique a pour fondement le concept Maaya culture avec une démarche de mentorat qui consiste à placer les stagiaires dans le cadre d’un encadrement et d’un suivi spécifique par un mentor du domaine spécifique de chaque stagiaire. Cette démarche se déroule sur les trois ans du programme pour chaque stagiaire. Notre politique de renforcement de capacités s’articulera autour des disciplines suivantes à savoir :


2-    La culture des modèles et repères

Lors du Colloque de Ségou 2013, les débats autour du sous thème de la problématique de la création artistique en Afrique ont largement mis l’accent sur l’incapacité des artistes et acteurs culturels à développer une culture des modèles et des repères dans le domaine de l’art au niveau du continent Africain. Ainsi, la communauté des modèles et des repères créés en 2015 (Abdoulaye Konaté, Amayguiré Dolo, Ky Sidiki, etc…) sera soutenue et renforcée pour un développement harmonieux et structuré de l’art. C’est aussi une façon de récompenser le mérite et de célébrer le succès en Afrique, afin de créer des effets d’émulation. Dans nos pays, le mérite et le talent ne sont pas célébrés à leur juste valeur. Ainsi, les artistes et les entrepreneurs de talent et leurs oeuvres gigantesques tombent facilement dans l’oubli, et leurs techniques qui s’inspirent des valeurs locales pourraient inspirer les jeunes générations qui se perdent… Pour ce deuxième volet, nous allons identifier et sélectionner encore cinq (5) modèles par filière dans chaque région du continent. Il s’agira de s’inspirer et de travailler sur chaque modèle de manière qualitative et de proposer un concept pour chacun, afin qu’il puisse être enseigné aux jeunes artistes et acteurs culturels.


Chaque modèle doit avoir au moins dix (10) ans d’expériences dans son domaine et prouver avoir ajouté une dimension réelle et/ou une valeur ajoutée à sa profession qui est reconnue et mesurable par ses pairs. Ainsi, les modèles seront sanctionnés par le titre de Kôrè Karamoko (les maitres du Kôrè) avec un certificat qui leur sera décerné.

3-    L’appui à la recherche de financement et d’aide à la création

Après avoir renforcé les capacités des artistes pendant 2 ans, il est important de pouvoir les accompagner pendant la troisième année. Ceci sera la dernière année du programme de stage. Ainsi, chaque artiste ou acteur culturel coaché et former terminera avec son propre projet, monté par lui-même et qui sera appuyé par le programme KQ pour la recherche de financement. Ce financement permettra de stimuler la créativité, en ce sens qu’elle aidera les acteurs culturels à surmonter les obstacles liés au financement pour la réalisation de leurs projets culturels. Au-delà des appuis au financement, le PKQ accompagne naturellement les stagiaires dans la mise en oeuvre de leurs projets.

Aussi, nous allons également soutenir et accompagner d’autres acteurs et artistes qui ne sont pas dans notre programme PKQ. Etant donné qu’on a plusieurs connections dans le secteur de l’art, nous allons aider tous ceux qui auront un fort potentiel de développement avec une volonté et une certaine expérience. Nous ferons un appel à projets et les critères de sélections seront très stricts. Un groupe de travail sera créé à cet effet avec des critères d’éligibilités. Les meilleurs projets seront sélectionnés, accompagnés et suivis de façon rigoureuse, jusqu’ au financement, en outre le programme suivra la mise en œuvre du projet jusqu’ au résultat final. Ces projets à succès seront ensuite labellisés par le CCK.

Méthodologie du PKQ

La méthodologie pour le programme KQ se fera sous forme de coaching et de stage de perfectionnement dans les différentes disciplines du programme (Musique, arts visuels, entrepreneuriat culturel, théâtre, conte et littérature). L’accent est mis sur la pratique et le mentorat avec une nouvelle et ingénieuse façon de dispenser les formations, sous forme de coaching et d’encadrement par des mentors. Ces formations, axées sur certaines de nos valeurs locales (Maaya culture), mais aussi avec des outils contemporains, seront plus en cohérence avec le contexte local et permettront assurément de mettre en exergue de jeunes artistes et entrepreneurs dynamiques capables d’apporter des changements qualitatifs dans leur art, leur production, pour leur bien-être et celui de leur communauté.